Existe-t-il un classement acoustique des logements, comme pour l’énergie ?

Oui !… Et non.
Pour le moment, on n’en est qu’au stade de la norme expérimentale, et dire qu’elle est peu connue est un euphémisme.
Rien n’oblige les propriétaires, promoteurs ou constructeurs à diffuser le classement acoustique du bien en projet ou à vendre. En outre, il y a très peu de chances pour qu’ils sachent tout simplement qu’un tel classement existe.

Il s’agit de la norme XP ISO/TS 19488 d’octobre 2021 (S 31-093),  » Acoustique : Système de classification acoustique des logements ».


Ce classement fonctionne sur le même principe que ceux de la consommation d’énergie ou de l’émission de CO2, en donnant au logement une note entre A (le plus confortable) et F (lamentable, et c’est peu dire).

Que vaut ce classement ?

Concernant les bruits aériens (voix, télévision, aboiements…), en dessous de C (voire B, pour certains critères), on est inférieur aux exigences réglementaires de 1999. Le classement A peut effectivement être considéré comme réellement confortable, mais c’est le seul, et son seuil n’est pas particulièrement haut. Les notes B et C correspondent à des habitations vivables dans des conditions correctes. En dessous, tout est tout simplement à éviter absolument. Avec un classement F, vous entendrez votre voisin respirer dans le couloir (j’exagère à peine).
La bonne surprise, toutefois, c’est que pour les notes les plus élevées (A et B), on prend en compte les sons de basse fréquence à partir de 50Hz (contre 100Hz habituellement). Autre avancée intéressante : la prise en compte du niveau de bruit environnemental réel pour qualifier la qualité de l’isolement vis-a-vis de l’extérieur.

Concernant les bruits d’impact (dans lesquels on va comprendre les bruits de pas, les frottements de chaises sur le sol, les vibrations des machines à laver…), l’exigence est surprenamment (et heureusement) plus forte. Ici, on a donc un classement plus ambitieux qui met mieux en évidence le confort.

Pour la réverbération dans les circulation communes, on a là encore une réelle avancée par rapport à la réglementation existante (qui se basait sur une exigence d’aire d’absorption équivalente en fonction de la surface au sol, sans tenir compte du volume réel). Dans ce classement, le critère est fixé sur la valeur (plus pertinente) du temps de réverbération dans le local, et selon une échelle plutôt ambitieuse.

Sont pris en compte :
– l’isolement aérien entre locaux (logements, commerces, locaux techniques, locaux d’activité, circulations communes)
– l’isolement aérien vis a vis de l’extérieur, comparé au niveau de bruit environnant réel
– le niveau de bruit d’équipement (ventilation, plomberie, ascenseurs…)
– le temps de réverbération dans les circulation (et non-pas l’aire d’absorption équivalente, comme c’est le cas dans la réglementation de 1999).

De mon point de vue, ce texte constitue un réel progrès quant à la prise en compte des problématiques acoustiques dans le bâtiment et l’immobilier (je trouve qu’il manque juste un peu d’ambition sur la question de l’isolement aux bruits aériens entre logements, même si la prise en compte des basses fréquences constitue un important pas en avant… Mais encore une fois, la norme n’en est qu’au stade expérimental).
Son principal défaut reste le fait qu’il demeure à ce jour presque complètement inconnu.

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